Planter un arbre en mémoire d'un défunt
8/24/20262 min read


Comment deux mandariniers sont devenus les gardiens de nos souvenirs familiaux
Dans ma famille, nous sommes peu nombreux et finalement très soudés. Ma mère a énormément vécu chez ses grands-parents maternels. Ils habitaient à moins d'un kilomètre les uns des autres et, comme l'école de ma mère était située juste à côté de chez eux, elle a accumulé beaucoup de souvenirs à leurs côtés. Pour ma part, je n'ai connu que mon arrière-grand-mère. Mon arrière-grand-père, lui, est décédé l'année de ma naissance ; il a eu la chance de savoir que ma mère était enceinte, mais c'est tout.
La main verte de ma mère
Il faut savoir que ma mère a la main extrêmement verte. Elle plante à peu près tout et n'importe quoi et, le pire, c'est que ça pousse à chaque fois ! Je pourrais vous expliquer ce que ça fait de vivre dans une maison remplie d’une centaine de semis de tomates et d'autres fruits et légumes en tout genre, mais ce n'est pas le sujet.
Narcisse d'abord
Peu après la mort de ce fameux arrière-grand-père, ma mère a planté un pépin de mandarinier, parce qu'elle en mangeait souvent avec lui et son épouse. La graine a germé et c'est comme cela qu'à la maison, nous nous sommes retrouvés avec Narcisse le mandarinier. Rentré à l'intérieur l'hiver et sorti dehors au printemps, c'était sa manière de l'avoir près d'elle.
Raymonde ensuite
Plus récemment, mon arrière-grand-mère est décédée. Elle a eu une longue vie et la chance de voir ses arrière-petites-filles grandir. Suite à son départ, un deuxième pépin a été planté pour elle, prénommé Raymonde. Désormais, nous avons la chance d'être accompagnés par Narcisse et Raymonde, installés dans la maison l'hiver et sur la terrasse dès les beaux jours.
Deux gardiens de mémoire
Tous deux sont devenus de très beaux pieds de mandarinier, robustes. Nous ferons tout pour les entretenir et les voir fleurir longtemps encore. Et personne à la maison n'est surpris de nous voir parler à ces deux arbustes en les appelant par leurs prénoms.
Un rituel à la portée de tous
On n'a pas besoin d'avoir la main verte pour planter un arbre en mémoire d'un être cher. Un pépin, un noyau ou une petite bouture suffisent. Ce n'est pas la réussite absolue du geste qui compte, mais l'intention qu'on y met. Voir grandir une plante, s'en occuper au fil des saisons, c'est une façon douce et vivante de continuer à prendre soin de quelqu'un qui n'est plus là, tout en gardant sa présence près de soi.
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